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Fête nationale de l’Annonciation. Discours à M.A.A.M en 2017

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Fête nationale de l’Annonciation. Discours à M.A.A.M en 2017

Mon discours à M.A.A.M en 2017

 Que la paix du Christ et celle de sa Mère, la Vierge pleine de grâce, se joignent à la paix de l’Islam : « As-salāmu ʿalaykum ».

Le mois de mars de chaque année revêt, pour nous, croyants du Liban, une importance toute particulière. C’est le mois au cours duquel chrétiens et musulmans se réunissent autour d’une fête nationale, commune et spirituelle : le mois de Notre Sainte Vierge Marie, pleine de grâce.

Le 25 mars est la date à laquelle l’Église célèbre l’Annonciation faite à Marie, lorsque l’ange lui annonça la Bonne Nouvelle : la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous, musulmans, nous joignons à nos frères chrétiens pour célébrer cet événement et proclamer avec eux notre amour, notre respect et notre vénération pour la meilleure des femmes de l’Univers et de tous les siècles : Notre Sainte Marie.

Une idée née du désir de rassemblement

L’idée de faire de la fête de l’Annonciation une fête nationale commune aux musulmans et aux chrétiens n’est pas née d’une coïncidence fortuite. Elle avait germé dans ma pensée et s’était exprimée dans mes interventions à travers plusieurs pays depuis de nombreuses années.

La véritable coïncidence fut ma rencontre avec un Libanais chrétien, rêveur et passionné, Nagy Khoury. Il me demanda, lors d’une conférence que je donnais à Jamhour, si musulmans et chrétiens pouvaient prier ensemble.

Je lui répondis, avant même qu’il ait terminé sa question :

« Il n’y a que Marie qui puisse nous réunir. »

C’est ainsi que, depuis 2007, musulmans et chrétiens célèbrent ensemble cet événement, dans la joie et le bonheur du partage.

L’événement fondateur eut lieu en 2007, lorsque le père Wissam Abou Nasser m’invita à participer à un colloque marial à l’Université Notre-Dame de Louaizé. Prenant la parole, je m’adressai au public en ces termes :

« Marie est notre mère à tous, musulmans et chrétiens, notre mère universelle dans l’amour, celle qui nous rassemble dans le don de soi, le sacrifice et la fidélité. Elle nous interpelle, nous, les enfants d’une même patrie, afin que nous nous élevions au-dessus de nos ambitions personnelles, factionnelles et confessionnelles, et que nous joignions nos mains, frères aimants et partenaires d’une même nation, croyants et dignes de confiance, pour bâtir le Liban de l’espérance et de la promesse, le Liban de la lumière et du message, le Liban de l’amour et de la fraternité entre ses musulmans et ses chrétiens.»

«Avons-nous répondu à cet appel et à cette espérance ?»

«Il me reste un dernier mot, celui que je me suis promis de prononcer dans toute assemblée, toute célébration et tout congrès : si le monde célèbre la fête des Mères en hommage et en reconnaissance envers nos mères, ne pourrions-nous pas, dans un même élan, nous appeler les uns les autres — individus, associations, confréries, institutions, organismes, écoles et universités issus des diverses communautés et confessions — à arborer une devise unique et à défendre une cause commune ?»

«Que notre mère Marie, qui nous rassemble dans l’amour, Notre-Dame et Souveraine du Liban, voire du monde entier, soit honorée par une fête nationale et fédératrice, célébrée aussi bien par les musulmans que par les chrétiens, dans cette patrie que nous aimons et à laquelle nous appartenons tous. »»

La naissance de la fête nationale du 25 mars

Le deuxième événement central fut constitué par mes interventions lors des célébrations du 25 mars 2008 et 2009 à l’église Notre-Dame de Jamhour.

Une circonstance particulièrement heureuse fut la présence, à notre fête de l’Annonciation, d’une délégation du Comité national du dialogue.

Profitant de leur présence, je leur demandai de transmettre au gouvernement l’idée de faire du 25 mars une fête nationale commune aux musulmans et aux chrétiens.

La suite, vous la connaissez : en 2010, le gouvernement libanais finit par adopter officiellement le 25 mars comme fête nationale commune aux musulmans et aux chrétiens.

De la fête oubliée à une célébration populaire

Auparavant, beaucoup de Libanais chrétiens n’accordaient pas à cette fête la même importance qu’aux autres événements figurant dans le calendrier liturgique. Elle était même parfois oubliée, comme c’est encore le cas aujourd’hui dans de nombreux pays chrétiens.

Grâce à cette initiative, les églises sont désormais remplies de fidèles venus célébrer ensemble cet événement.

À notre grande surprise, l’événement du 25 mars ne resta pas confiné aux frontières du Liban. Il se propagea rapidement dans plusieurs pays d’Europe, d’Amérique et d’Australie.

En France, la célébration de cette fête donna naissance à une association très active appelée « Ensemble avec Marie », qui organise chaque année des célébrations communes entre musulmans et chrétiens dans différentes villes françaises.

L’année dernière, cette fête fut organisée pour la première fois à la Grande Mosquée de Paris.

À l’heure actuelle, la Belgique, l’Italie, la Pologne, le Brésil, le Canada, l’Australie, la Tunisie et la Palestine célèbrent également l’événement du 25 mars.

De la fête nationale à une culture mariale internationale

Nous ne parlons donc plus seulement d’une fête nationale commune au Liban. Nous parlons désormais d’une culture mariale internationale, qui traverse les pays et les frontières.

Cette culture mariale, au-delà de ses fondements spirituels communs à l’Islam et au christianisme, a donné naissance à diverses œuvres artistiques, à des chants et des chorales mixtes, à des poèmes, à des projets picturaux, à des émissions télévisées et radiophoniques, à des débats et conférences, ainsi qu’à une multitude d’ouvrages, de mémoires et de thèses universitaires.

Elle pourrait bientôt donner naissance également à des centres mixtes de dialogue marial, consacrés à la rencontre entre musulmans et chrétiens.

Vers une Journée mondiale du dialogue

Devant l’ampleur d’un tel phénomène, nous espérons vivement que le 25 mars puisse un jour devenir la Journée mondiale du dialogue.

Si le nom de Marie signifie, dans sa version sémitique, « Reine des mers », et si les mers et les eaux recouvrent environ 70 % de la surface de notre planète, nous pouvons nous permettre cette belle image : les personnes qui reconnaissent à Marie ce titre pourraient un jour représenter une immense partie de l’humanité.

À ce moment-là, Marie, Notre Sainte Vierge, serait véritablement, dans le cœur des hommes, la Reine de l’Univers.

Marie et la responsabilité économique

Notre rencontre islamo-chrétienne pour les hommes d’affaires, MA’AM, est éclairée depuis sa création par la spiritualité du 25 mars. Ses grandes orientations se sont largement inspirées de cet événement commun.

Si, dans la première Annonciation, Marie et Jésus ont pris place dans l’histoire des hommes, la seconde « Annonciation » devient, à travers notre action commune, un message de paix et d’amour adressé à toute l’humanité.

Dans ce message universel, Marie nous invite à être solidaires des plus démunis. Elle nous appelle à agir dans nos sociétés et dans nos entreprises, non pas comme des dirigeants aveuglés par la recherche du profit matériel, mais comme des concepteurs et des acteurs capables de mettre en œuvre des mesures économiques plus justes et plus humaines.

Notre action commune autour de Marie nous réunit, musulmans et chrétiens, pour rappeler ces valeurs spirituelles que partagent nos deux religions.

Notre rencontre islamo-chrétienne pour les hommes d’affaires cherche ainsi à redimensionner l’économie afin de la rendre plus humaine, plus juste et plus respectueuse de la dignité de l’être humain, en s’appuyant sur ces mêmes valeurs morales et spirituelles.

À MA’AM, nous continuons à rappeler aux responsables et aux leaders économiques la nécessité de concevoir une économie plus juste, qui respecte les droits de tous, qui mette l’être humain au centre et qui accorde toute sa place aux principes moraux et à la responsabilité individuelle dans un monde économique en constante évolution.

Ainsi, le 25 mars ne représente plus seulement le souvenir d’un événement religieux. Il devient progressivement un langage commun entre les croyants, un espace de rencontre entre les traditions, un appel à la fraternité et un projet de paix pour l’humanité.

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