Les enjeux de la fête mariale du 25 mars, Deuxième fête nationale au Liban.
Les enjeux de la fête mariale du 25 mars, Deuxième fête nationale au Liban.
Les enjeux de la fête mariale du 25 mars – Deuxième fête nationale au Liban.
L’instauration de la fête mariale de l’annonciation du 25 mars en tant que fête nationale chômée, a fait couler beaucoup d’encre depuis son adoption par le gouvernement libanais en 2010. Les avis étaient presque unanimes à dire que cette fête mariale marquera positivement les rapports confessionnels entre musulmans et chrétiens dans les années à venir. De toute l’histoire des relations entre ces deux grandes religions universelles, le rassemblement des musulmans et des chrétiens dans le même lieu et avec les dévotions adressées à la même personne n’a été rendu possible que grâce à l’événement de cette fête mariale. D’autres avis extrémistes se sont exprimés pour demander l’annulation de cette fête en prétendant qu’elle invente une nouvelle religion, et qu’elle aboutit à un syncrétisme irréfléchie et maladroit.
Quels sont les enjeux de cette fête mariale de l’annonciation, plus particulièrement dans les rapports réciproques qui lient les musulmans et les chrétiens. Avant de répondre à cette question nous devons donner un aperçu sur la genèse de cette initiative.
I
L’idée de la célébration d’une fête commune islamo chrétienne a germé au Liban, pays de la mosaïque religieuse millénaire, et s’est propagée partout en tant que culture d’ouverture, de paix, et de vouloir vivre ensemble entre chrétiens et musulmans.
En tant qu’initiateur de l’idée de cette fête mariale commune, ma contribution personnelle n’a été en grande partie que le fruit de mon appartenance à un pays multiconfessionnel qui est le Liban. Grace à cette diversité millénaire se développe dans la société libanaise des pratiques de vivre ensemble où s’inter mêlent des habitudes, des coutumes, des histoires et des faits religieux de toutes les confessions pour former un patrimoine culturel original et éminemment riche. Qu’il soit musulman ou chrétien le libanais porte en lui partout où il se trouve cette partie de l’autre qui est ancrée en lui et qui est enracinée dans la mentalité collective et individuelle de tous les libanais.
Ma première démarche en ce domaine était d’éclaircir et de mettre en évidence la place qu’occupe Marie et son fils dans le Coran. Plusieurs versets parlent de l’Evangile comme étant guide et lumière et a dit du Christ qu’il est né de l’Esprit de Dieu et qu’il est parmi les plus proches de lui. Le nom de Marie est évoqué trente-sept fois dans le Coran y compris dans deux passages qui glorifient la conduite de Marie sans mentionner son nom. Une sourate du Coran porte aussi son nom. Le Coran va même plus loin que la simple invocation de son nom puisqu’il la place dans le rang le plus élevé parmi toutes les femmes de l’univers. Une parole du Prophète Mohamed confirme que dans l’au-delà Marie occupera aussi la première place à la tête de toutes les femmes du paradis.
C’est précisément en pensant à cette place de première importance, que j’ai exprimé à maintes reprises mes idées dans le domaine du dialogue islamo chrétien. Je me suis toujours référé à l’importance de cette place pour dire que rien du point de vue dogmatique n’empêche les musulmans à partager avec des chrétiens un sentiment d’amour et d’affection envers la Vierge Marie et son fils Jésus Christ. Un tel partage peut s’exprimer en adoptant une fête religieuse chrétienne mariale en l’occurrence la fête de l’immaculé conception du 8 décembre ou l’annonciation du 25 mars.
Cette dernière fête chrétienne a retenu mon attention. L’histoire de l’annonciation relatée dans les deux textes sacrés : l’Evangile et le Coran est presque identique et parle de l’envoi de l’Ange Gabriel à Marie pour lui annoncer la bonne nouvelle. Celle-ci s’est concrétisée par la naissance sans aucun rapport et liaison intime d’une personne attendue qui est le Messie Jésus Christ.
Dans d’autres circonstances et en relation avec la foi juive, le Prophète Mohammad n’a-t-il pas demandé aux musulmans – selon la tradition sunnite – de célébrer en jeûne le jour qui commémore la traversée de Moïse et son peuple la mer rouge. A cette occasion correspond dans le calendrier musulman le jour d’Achoura. Un autre exemple est cité par Ibn Hicham célèbre historien auteur du livre sur la biographie du Prophète Mohamed « sira nabawiyyeh » et repris par presque la totalité des manuels d’histoires. Le Prophète Mohammad en recevant une délégation chrétienne de la ville de Najran a demandé à cette délégation de célébrer la messe à l’intérieur de sa mosquée sacrée. Ibn Hicham racontait que les musulmans et les chrétiens priaient chacun de son coté à l’intérieur de la mosquée. Dans un autre lieu et dans un autre époque, musulmans et chrétiens ont partagé pendant soixante-douze ans, le même lieu de prière à l’enceinte de ce qui va devenir plus tard la mosquée Omeyade, anciennement connu sur le nom de la Basilique de Jean Baptiste à Damas.
L’idée donc de se réunir ensemble et de partager la joie avec l’autre appartenant à la tradition abrahamique n’est pas étrangère à l’Islam. A mon idée prônant le partage de cette fête commune mariale s’est rallié, presque en même temps, des rêve répétitifs d’un chrétien libanais qui voyait une assemblée de fidèles composés des musulmans et des chrétiens réunis ensemble pour une prière commune. A la question « comment faire? » posée par ce rêveur chrétien, le théologien musulman fervent défenseur du partage de l’amour de Marie qui est moi, a rendu son verdict sans équivoque : « il n’y a que Marie qui peut nous unir et nous réunir ». De la fusion de ces idées et de ce rêve est née la rencontre islamo-chrétienne autour de Marie.
Devant la commission spirituelle chrétienne de Notre Dame de Jamhour à Beyrouth, mon associé chrétien coordinateur de ladite commission m’a donné la parole pour présenter cette idée de la fête commune mariale. Très vite nous avons conclu que cette idée s’inscrit dans le domaine de la recherche des principes communs naturels, non artificiels qui unissent musulmans et chrétiens à travers notre foi en Dieu. Comme Dieu a élu Marie de préférence à toutes les femmes du Monde, l’Annonciation de Marie sera choisie de préférence à toutes les autres occasions religieuses vénérées tant par l’Islam que par le christianisme. La première initiative était d’organiser une rencontre islamo-chrétienne au Liban autour de Marie, dès lors que nous avons évoqué notre foi commune en Notre-Dame, élue, purifiée, élevée sur toutes les femmes du monde. Marie dont nous partageons l’amour, en sa personne et en la personne de son fils Jésus, a reçu par le pouvoir du mot créateur « Sois » le souffle de l’Esprit de Dieu. Ainsi eurent lieu l’annonciation que lui a faite l’Archange Gabriel et sa conception sans aucune médiation humaine montrant ce pouvoir divin miraculeux.
Ce sont ces points communs qui nous ont amenés depuis 2007 à nous rencontrer au Liban autour de la Sainte Vierge Marie, et à discuter dans le cadre d’une rencontre annuelle où nous nous rassemblons pour la commémoration de la fête de l’annonciation. Le musulman lira pendant les cérémonies de cette fête commune ce que le Coran mentionne dans une sourate qui porte son nom, privilège qu’aucune femme ne lui partage ; le chrétien lira ce qui a été dit dans son évangile sur sa vie. Le musulman chantera des cantiques religieux sur son amour pour Dieu et sur son élection entre les femmes du monde ; le chrétien chantera ses cantiques sacrés qui glorifient son nom. Enfin, musulmans et chrétiens adresseront ensemble une prière à Dieu pour protéger notre pays le Liban des dissensions, et pour y faire régner amour et cordialité entre tous ses citoyens.
Notre rencontre, musulmans et chrétiens, nous fait savoir, nous qui sommes de confessions différentes, qu’à part la citoyenneté pierre angulaire de notre identité nationale, l’amour d’une personnalité religieuse aimée, élue et pure, voire une mère douce, tendre et affectueuse ne peut que renforcer le respect entre nous et la volonté de vivre ensemble dans la paix et l’amour mutuel. Aucune atteinte n’est portée ni à la croyance du musulman ni à celle du chrétien d’entendre ce qu’il partage avec l’autre dans cet amour. D’ailleurs, dans cette rencontre, on ne mentionnera que le lien d’amour et de vénération à cette Vierge sainte et pure qui nous unit. On ne discutera pas nos différences théologiques : le musulman restera musulman et le chrétien demeurera chrétien. Cette rencontre n’a pas pour objectif d’ajouter une autre fête religieuse aux deux fêtes officielles des musulmans. Pas de nouvelle fête non plus pour les chrétiens, la fête religieuse chrétienne de l’Annonciation gardera ses rites et ses cérémonies et cette rencontre mariale ne remplace pas les rites et les cérémonies de la fête chrétienne de l’Annonciation. Il n’y a dans cette rencontre aucune pratique cultuelle musulmane ou chrétienne commune. Cette rencontre n’invente pas une nouvelle religion, ni une nouvelle doctrine, ni des rites différents pour l’occasion.
Cette rencontre annuelle a établi un nouveau phénomène culturel au-delà des frontières de l’islam et du christianisme. Elle a montré qu’il est possible de réussir la mise en place d’une convivialité et d’une bonne entente entre toutes les composantes de la société malgré les clivages religieux. Au lieu que ces clivages soient utilisés pour monter des murs de haines et de séparations entre les communautés, ils sont récupérés pour construire des ponts de connaissances mutuelles, des ouvertures vers l’autre dont on ignorait jusque-là sa composante identitaire. Cette action est une main tendue pour le rapprochement, l’amitié et la fraternité entre les peuples et non pas pour la séparation, la haine et la déchirure.
Depuis, cette fête qui était presque oubliée par les chrétiens libanais est devenue une journée de grand rassemblement à laquelle les masses des chrétiens remplissent dorénavant les églises dans toutes les régions du Liban. Les Musulmans sans passer sous silence leur amour pour la Vierge l’ont mieux exprimé par des chants religieux et invocations formulées à l’intention spécifique de la Vierge. Des assemblées de fidèles musulmans et chrétiens se précipitent chaque année pour écouter ces invocations et lever ensemble leurs mains pour s’adresser à un seul Dieu et à travers une seule Sainte demandant la protection de leurs vies communes et la sauvegarde de leurs pays le Liban.
Une culture nouvelle est née partout et pour la première fois de l’histoire. Ses traits spécifiques se dessinent autour de la rencontre des fidèles issus de deux religions différentes pour implorer et fêter ensemble un événement commun relaté presque similairement dans leurs deux textes sacrés. Au-delà de leur présence pour des motifs religieux communs nous pouvons parler dorénavant d’une expression collective de leurs engagements de vivre ensemble dans un même pays en harmonie et en respect mutuel.
Le dialogue islamo-chrétien qui était en grande partie théorique et moins fécond a trouvé grâce à de telles initiatives une porte de sortie pour ne pas s’enfermer à des élites hautement qualifiées. La multiplicité des actions pratiques donnera une relance aux efforts de ces hommes de dialogue et les poussent à extraire des solutions pratiques dans leurs écrits rangés faute de se répéter ou par crainte d’être oublié.
II
Dix ans après l’instauration de cette fête mariale en fête nationale chômée, la question qui se pose est de savoir ce que nous avons réalisé depuis cette fête commune sur le plan des relations islamo-chrétiennes ? Qu’est-ce que nous avons obtenu concrètement comme résultat sur le renforcement de l’esprit de la vie commune entre les adeptes des deux religions vivant dans un seul pays ? La réponse à ces deux questions reste incomplète si nous ne posons pas la question à savoir où nous avons échoué ?
Ce que nous avons obtenu grâce à cette fête commune :
- La prise de conscience chez les musulmans et les chrétiens qu’ils ont beaucoup de points communs, et qu’il suffit de les extraire pour connaitre que leur rapprochement ne se base pas sur des éléments artificiels et théoriques qui peuvent être changés ou supprimés selon les circonstances mais ils sont profondément ancrés dans leurs textes sacrés,
- Une culture mariale nouvelle très variées a été propagée spontanément partout au Liban. Cette nouvelle culture a marqué la vie commune des musulmans et des chrétiens et s’est imposée sur les thèmes du dialogue religieux : discours religieux partagés en commun, prières communes non liturgiques, chants et concerts musicaux commun, dessins et peintures figurant les rapprochements islamo-chrétiens, partage des repas et l’invention d’un dessert marial, la désignation des mosquées au nom de Marie, mémoires et thèses de doctorats consacrés au sujet de la fête mariale commune, livres et articles de journaux, pèlerinages aux lieux religieux des deux communautés, renforcement des liens amicaux entre les musulmans et les chrétiens, des compétitions sportives mixtes entre les chefs religieux de deux communautés, des théâtres traçant la vie de Marie conformément aux textes sacrés dans les deux religions, rencontres scolaires etc…
- Une reconnaissance internationale en 2010 récompensant les deux personnalités qui étaient à l’origine de l’instauration de la fête mariale commune en leur octroyant le Prix du Vice-secrétaire générale des Nations unies Sergio Vieira de Mello pour la reconnaissance des services dans la promotion de la coexistence pacifique et la coopération des religions, des sociétés et des cultures.
- Un cours universitaire a été introduit dans le programme d’études de plusieurs universités intitulé « Marie dans l’Islam et dans le christianisme »,
- La prise de parole de plusieurs hauts responsables politiques et religieux dans les cérémonies consacrées à la célébration de la fête commune comme à titre d’exemple l’ancien président polonais Lech Wałęsa, des Ulémas venant d’Al Azhar d’Egypte, des Ulémas Chiites, druses, des hauts chefs religieux chrétiens.
- L’intérêt tout particulier que porte le Prince Jordanien l’Emir Hassan bin Talal à l’idée de la fête du 25 mars, un très bon article été publié par lui dans daily star[1] en 2016. Cet intérêt s’est manifesté dans les deux dernières années par une célébration commune islamo chrétienne de la fête du 25 mars dans la capitale jordanienne. Les cérémonies s’étaient déroulées sous l’égide du premier ministre jordanien. La demande pressante des organisateurs de ces événements sollicite les autorités jordaniennes à décréter le 25 mars une fête commune islamo chrétienne à l’instar du Liban.
- La célébration pendant les deux dernières années de la fête nationale du 25 mars dans le palais présidentiel de Baabda et dans le Grand Sérail où siège le président du Conseil des ministres.
- Des appels qui ont été adressés lors des cérémonies de la fête commune mariale au Président de la République et au Président du Conseil des ministres ont été approuvés par eux et attendent leur concrétisation. En 2017 j’ai sollicité le Président de la République à donner le nom de Marie à une place publique dans la capitale libanaise, de mettre en place un timbre marial, d’offrir un terrain pour la construction d’un centre marial islamo chrétien et de présenter une demande auprès des nations unies pour consacrer une journée international du dialogue.
Ce dernier point soulevé lors des cérémonies de la fête mariale du 25 mars en 2017 a encouragé très probablement le Président de la République Michel Aoun à adopter une idée similaire. En 2017 une initiative a été lancée à l’ONU par le président libanais visant à créer au Liban « l’Académie de l’homme pour la rencontre et le dialogue » dans le but de donner au Liban, à la région et au monde un nouvel espace de paix, de dialogue, de compréhension et une culture de paix, de coexistence et de prospérité L’Assemblée générale des Nations unies a voté le 16 septembre 2019 une résolution portant la création au Liban de cette Académie. 165 pays ont voté en faveur de la résolution, et seuls deux, les États-Unis et Israël, ont voté contre.
- L’exportation de l’idée de la fête en dehors des frontières du Liban : des cérémonies similaires à la fête mariale ont été célébrés entre musulmans et chrétiens dans plusieurs pays en Europe, en Afrique, en Australie, en Amérique latine et en Jordanie. En France où a été créé « Ensemble avec Marie » les célébrations de la fête mariale, comme nous allons écouter notre ami Gérard Testar, dans le département de l’Essonne au cathédrale de Longpont, à la grande mosquée de Paris, à la basilique du Sacré Cœur.
La question qui nous reste à traiter est de savoir où nous avons échoué. Je reprends l’idée que j’ai formulée au début de mon intervention lorsque j’ai dit que grâce à l’idée de la fête nationale du 25 mars le dialogue religieux est devenu plus fécond et moins théorique. Malgré cette vérité, le dialogue religieux islamo-chrétien demeure réservé à une classe d’intellectuelle et n’a pas atteint la classe populaire comme veut l’idée de toute idée de fête nationale. Les cérémonies officielles qui se sont déroulés à l’intérieur de l’Eglise de Notre Dame de Jamhour et plus tard dans le palais présidentiel et le grand sérail du président du conseil des ministres n’ont mobilisé qu’une partie intellectuelle mixte habituée à assister à des tels événements. C’est vrai que des événements périphériques ont été organisé partout dans les régions libanaises mais en aucun cas la fête du 25 mars n’a mobilisé la classe populaire. Pour y parvenir il faudrait probablement que les cérémonies de la fête du 25 mars se déroulent dans les quartiers et les places publiques et ne restent pas enfermés uniquement dans les établissements religieux et les sièges du président de la république et du gouvernement.
Un autre échec plus grave se trouve dans la fragilité des structures confessionnels du Liban. La fête nationale du 25 mars n’a pas réussi jusqu’à maintenant à ébranler la volonté de tous les politiciens à utiliser la religion comme instrument pour asseoir leur autorité politique. Il suffit qu’un politicien pyromane peu scrupuleux pour déclencher avec ses propos incendiaires une crise confessionnelle qui démolit en quelques minutes tous ce que nous avons réalisé pendant des longues années en matière de vue commune. Sans passer sous silence le nouveau système électoral encourageant le citoyen à choisir un député de son groupe communautaire, les exemples sont nombreux. Je cite quelques-uns :
- Dans une localité situé dans la banlieue de Beyrouth, une décision municipale interdit aux habitants chrétiens de cette région de vendre ou de louer des lieux d’habitations ou de commerces aux musulmans. Cette décision qui date de quelques mois a reçu l’aval de la population et de quelques chefs religieux chrétiens. La ministre de l’Intérieur libanaise, Raya Haffar Al-Hassan, nommée à ce poste en janvier 2019, se contente a qualifié cette mesure d’inconstitutionnelle.
- Une députée musulmane se retrouve au début de cette année sous le feu des critiques, pour une maladresse lors d’une messe chrétienne. L’élue sunnite de Beyrouth, assiste à une messe destinée à marquer la Journée mondiale de la paix. Mal informée des différents moments de la célébration, elle s’avance vers le prêtre au moment de la communion, ce dernier sachant qu’elle est musulmane lui adresse un sourire et se contente de la bénir, en posant le récipient qui contient les hosties sur sa tête. L’image fait le tour des réseaux sociaux et la députée sunnite se retrouve au cœur d’une vive polémique et reçoit plusieurs menaces. Sous la pression des plus extrémistes, la députée se dépêche à se rendre au siège de l’autorité sunnite libanaise Dar El-Fatwa et renouvelle son allégeance à l’Islam. La députée publie alors un deuxième communiqué : « Mon geste n’était pas prémédité, je me suis excusée auprès de Dieu ». Suite à cette communication les chrétiens ont protesté à leur tour en soulignant que l’entrée à l’église n’est pas un péché qui exige de s’excuser auprès de Dieu.
- Dans le plus haut sommet de la montagne libanaise, des chrétiens ont voulu mettre en place une croix géante. La population musulmane de la région a protesté en exigeant le découpage de la frontière entre les deux régions.
- La ville de Byblos majoritairement musulmane pendant des siècles, et actuellement majoritairement chrétienne s’oppose à la construction d’un minaret haut d’un mètre sur le toit d’une petite mosquée très ancienne. Pourtant dans la même ville j’ai été l’initiateur de la création d’une ONG appelée Byblos capitale de dialogue et de vie commune et qui regroupe des autorités religieuses et politiques de la ville. Les membres chrétiens de cette ONG sont défavorables à une telle construction.
- Des propos prononcés dernièrement par le président de la république au sujet de l’Empire Ottoman soulève jusqu’à maintenant une vague de protestation de la part des musulmans.
La fête nationale du 25 mars, pour conclure, a réussi malgré tout à planter des idées concrètes de fraternités et d’approchements dans le terrain sec et aride réservé pendant longtemps à des dialoguistes théoriciens et dépassé. Elle a besoin d’être arrosée continuellement par des idées nouvelles et courageuse et surtout d’être protégée contre les incendies des politiciens pyromanes. Pour compléter l’idée de la fête nationale je garde l’espoir et le souhait de voir réaliser un jour un hymne nationale mariale et des balles populaires réunissant musulmans et chrétiens autour des chants et concerts musicaux religieux.
[1] https://www.dailystar.com.lb/Opinion/Commentary/2016/Mar-25/344004-beiruts-bold-step-reinforced-tolerance.ashx