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Procréation et Islam- feuille présentée à la faculté des Sciences Médicales – Université Libanaise.

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Procréation et Islam- feuille présentée à la faculté des Sciences Médicales – Université Libanaise.

Procréation et Islam

Par une sensibilité propre à l’Islam, le sens littéral du mot pro créer – dans la mesure où se réfère à créer – ne peut pas être attribué à l’homme. Le Seul Créateur et le Tout Créateur est Dieu. Le mot qui lui est équivalent en arabe est anjaba, de son racine “najaba, najib” qui est employé à l’origine pour désigner celui qui est vertueux et généreux. Sans abandonner son sens initial, le mot najaba = vertueux, est passé à procréer afin d’exprimer dans l’esprit de son géniteur le souhait que celui qui va naître deviendra vertueux et généreux.

Considérée comme étant le seul moyen qui assure la continuité de la race humaine, la procréation revêt un caractère obligatoire par l’islam. Engendré des enfants est regardé dans la mentalité des musulmans comme la parure de la vie de ce monde, (Les richesses et les enfants sont la parure de la vie de ce monde) confirme le Coran (verset al kahf 46). La bonne éducation de l’enfant comptera parmi les actes conduisant le fidèle au paradis. Accomplir leurs devoirs conjugaux donc s’abandonner aux plaisirs charnels, l’homme et la femme recevront aux yeux de l’Islam une récompense divine de leur Seigneur. L’importance numérique des fidèles est aussi recommandée : “mariez vous et multipliez vous, je serai honoré de vos nombres parmi les autres nations le jour du jugement”, déclare le Prophète. Tels sont des indicateurs qui encouragent le musulman à la procréation.

Les textes religieux, donc juridiques qui se réfèrent à la procréation sont tirés du Coran et des paroles du Prophète et ne sont pas regroupés sous une même rubrique. En se référant à des données génétiques, le Coran évoque la création de l’enfant à partir d’une combinaison de liquides qui recueille des traits physiques et psychiques de son père et de sa mère[1]. D’où la responsabilité incombant tant au père qu’à la mère de bien choisir leur partenaire, puisque de ce choix dépendent les caractéristiques génétiques de l’enfant. Soucieux de ce choix, le Prophète conseillait, dans plusieurs de ses propos, aux futurs  époux de bien réfléchir avant de se lancer dans leur engagement de vie commune.  L’enfant à naître jouit d’un droit à l’encontre de son futur père quant au fait de bien choisir sa future mère, déclare le Prophète. Une de ses paroles conseille aussi à l’homme de choisir, pour sa progéniture, une lignée génétique loin de sa propre lignée[2], afin que le patrimoine génétique de ses descendants ne soit pas appauvri par des mariages consanguins.

La mère enceinte recoit aussi dans l’Islam un intérêt tout particulier. Elle doit être traitée avec honneur et distinction. Le Coran revient à plusieurs reprises sur ces exigences avec une éloquence et une beauté sublimes. Elle sera aussi exempte de certaines obligations cultuelles, comme le jeûne du mois de ramadan

Pour protéger la cellule familiale et assurer la continuité de la procréation, l’Islam interdit l’adultère et l’avortement. Ce dernier n’est prohibé que s’il dépasse cent vingt jours (pour certains jurisconsultes musulmans l’avortement n’est autorisé qu’avant les quarante jours), ou à tout moment s’il met en danger la vie de sa mère[3]. Toute atteinte physique à sa vie engage la responsabilité de l’agresseur, fût-il son propre père ou sa propre mère. Le prix du sang, ou les dommages et intérêts fixés par la Sunna, seront exigés si le fœtus vient à mourir dans le ventre de sa mère. Ils seront fortement élevés si le fœtus vivant et bien formé meurt après son expulsion. De même, on reconnaît au fœtus, dès l’instant de la fécondation, un droit à la possession de biens, comme le droit à la succession, au testament  et aux bénéfices des biens waqfs (catégorie des biens dénommée mainmorte).

En revanche, et par un souci de respecter la volonté de deux conjoints, l’Islam autorise le recours aux moyens de contraception. Si la procréation constitue un danger pour la mère ou pour le père, chacun a le droit de recourir aux moyens de contraception même en cas du refus de son partenaire.

Soucieux de se conformer à l’enseignement de l’Islam en matière de procréation, les musulmans libanais insistent sur le caractère obligatoire du mariage et de l’accroissement du nombre d’enfants. Les phrases qui reviennent souvent à l’esprit des libanais font référence à des argumentations religieuses comme : ” il doit se marier pour compléter sa religion, ou sociales comme : “il doit avoir des enfants pour le soutenir au moment de sa vieillesse”. Le célibat n’est pas prescrit ni aux simples individus ni aux personnels religieux : Cheykh, Qadi, Mufti doivent donner l’exemple aux autres membres de la communauté en fondant des familles. La polygamie bien que juridiquement est tolérée néanmoins sa pratique reste très rare. Si les anciens avaient une fierté incontestable d’avoir une multitude d’enfants, les musulmans libanais s’adaptent de plus en plus à l’idée de privilégier la bonne éducation à l’accroissement du nombre d’enfants.

Vu le contexte multiconfessionnel du système juridique libanais, les dix huit communautés religieuses qui sont reconnues au Liban, appliquent leurs propres lois de statut personnel. Les textes juridiques relatifs au mariage et à la filiation auxquels sont soumis les communautés islamiques ne sont pas identiques. Les musulmans sunnites sont soumis au Code de famille ottoman de 1917, les musulmans chiites aux dispositions du droit jaafarite et les druses à la loi de 24/2/1948 portant sur le statut personnel des druses.

[1] ” Nous avons créé l’homme d’une combinaison de liquide أمشاج  pour le mettre à l’épreuve” Le Coran, Sourate Al Insan (l’homme), verset 2.

[2] –  نص الحديث : ” اغتربوا ولا تضووا” أي لا يهزل نسلكم. و حديث ” تخيروا لنطفكم فإن العرق دساس”.

[3]  Ces dispositions “islamiques” ne sont pas appliquées au Liban. Les lois relatives à l’avortement sont mentionnées dans le décret-loi n° 340 du 01/03/1943 du code pénal libanais.

Comment (1)

  1. Lewis3739

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