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Des exemples vivants du dialogue inter religieux – Colloque international « Dialogue des cultures, Culture du dialogue au Moyen-Orient »

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Des exemples vivants du dialogue inter religieux – Colloque international « Dialogue des cultures, Culture du dialogue au Moyen-Orient »

« Éducation à la Paix et dialogue inter-religieux » Colloque international « Dialogue des cultures, Culture du dialogue au Moyen-Orient » avec le concours de l’Institut Français du Liban et de l’Ecole supérieure des Affaires 21 – 22 mars 2013

Des exemples vivants du dialogue inter religieux

 Par exemples vivants du dialogue inter-religieux je désigne les expériences qui ont contribuées à renforcer le dialogue et l’ont sorti de son isolement théorique à un espace plus fécond et plus profitable aux croyants des religions en question

Je ne prétends pas réunir tous les exemples vivants du dialogue inter-religieux. C’est pour cette raison que je me dépêche pour me limiter aux six exemples dont les deux premiers sont tirés de l’histoire islamique et les quatre derniers sont le résultat des démarches entreprises dans le domaine du dialogue islamo-chrétien contemporains.

Il est notoire que les exemples tirés de l’histoire musulmane ancienne était beaucoup plus courageux et plus ouverts que les démarches entreprises dans le domaine du dialogue inter-religieux de notre époque. C’est vrai que les textes coraniques ont fixé les principes conciliants avec les religions de la révélation et que les pratiques favorables à l’interreligieux ont pour acteur le Prophète de l’Islam lui-même. Le Prophète étant Chef d’État et Législateur, sa tradition et ses actes sont une source de droit destinés à être suivis par les musulmans. Or, Malgré son caractère juridique de source de droit, les musulmans ont été réticents à suivre l’exemple du Prophète dans le domaine du dialogue inter-religieux. Les raisons de cette réticence sont peut-être à chercher dans la longue période de crises et des guerres qui ont mis face à face le monde musulman au monde chrétiens.

À la différence de l’Islam accueillant et respectant la diversité religieuse, les premiers pères de l’Église ont adopté une politique peu conciliante vis-à-vis de l’interreligieux allant même à considérer la religion comme un fait de civilisation qui s’emploie uniquement pour désigner la religion catholique apostolique et romaine. Et c’est dans ces termes que le dictionnaire d’Antoine Furetière en 1690,  défini la religion en ajoutant que : « tous les cultes des faux dieux ne sont que superstition, ne s’appellent religion qu’abusivement. En ce sens abusif on dit la religion mahométane, la religion des Gaures et des Bramins, des Bronzes. »[1] .

L’attitude de l’Église n’a changé  qu’au XXe siècle lorsque le Vatican  a parlé pour la première en 1965 du pluralisme religieux et de l’Islam en tant que religion. La déclaration de Vatican II mentionnait cette qualité sous le titre : « La religion musulmane ». Dans cette déclaration on pouvait lire :

« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. » [2]

 Le premier exemple : Concerne le dialogue islamo-judaïque.

 Après avoir été chassé de sa vie natale, la Mecque, le Prophète Mohamed s’est réfugié à Médine habitée alors par une majorité des arabes païens nouvellement convertis à l’Islam et par une population juive importante. Une fois que les  musulmans médinois l’ont accepté comme chef incontesté, plusieurs réunions ont  rassemblées le Prophète et les différentes tribus juives, qui, après plusieurs débats, ont donné leur accord à la signature d’un pacte appelé le pacte de Médine. Ce pacte est considéré comme la plus ancienne charte[3] instituant une société multiconfessionnelle marquée par la solidarité, la justice et l’égalité réciproque des droits et des devoirs de tous les citoyens sans aucun privilège dû à l’appartenance religieuse et ethnique. On peut lire dans son chapitre concernant les juifs :

“Les juifs de Médine et de ses alentours deviennent des éléments constitutifs de la nation, « Oumma », avec les musulmans.”

Le texte reconnaît et garantit la liberté de culte des juifs ainsi que le droit de propriété et leur accorde le droit  de s’autogérer et de s’autofinancer. Il engage les musulmans et les juifs à se défendre mutuellement : on peut lire :

 « Ils (les juifs) sont tenus d’être solidaires et de combattre quiconque menace leur sécurité collective. Ils ont l’obligation de se porter conseil loyalement, d’entretenir des relations fondées sur le Bien, de ne pas porter préjudice à leurs alliés et de défendre leur cause s’ils sont victimes d’agression”

La suite du texte mentionne que :

 Les juifs s’engagent comme les musulmans à défendre l’État, à participer financièrement aux dépenses de la guerre et à rompre toutes relations avec les ennemis de Qureych.

Une autre fait marquant s’est déroulée pendant cette période est l’adoption par le Prophète de la fête juive des Pâques. Selon la tradition[4], le Prophète a demandé aux musulmans de célébrer cette journée commémorative de la sortie d’Égypte de Moïse  avec son peuple, en jeûnant le dixième jour du mois de moharram du calendrier musulman. Depuis, ce jeûne est devenu une coutume en souvenir de ce jour de la fête des pâques juives et cette journée dite achoura est toujours observée par tous les musulmans, particulièrement sunnite.

Deuxième exemple : Concerne le dialogue islamo-chrétien

Les sources historiques mentionnent deux rencontres qui ont réuni le Prophète et une délégation chrétienne de Najran. La première rencontre a eu lieu à la Mecque et a  regroupé vingt personnes qui sont venues discuter avec le Prophète sur des questions d’ordre théologique. La deuxième rencontre s’est tenue dans l’enceinte de la Mosquée du Prophète à Médine et a réuni soixante personnes de Najran qui se sont déplacées suite à la lettre que le Prophète leur a envoyée dans le but de les inviter à embrasser l’Islam.

À l’issu de cette réunion, les deux parties sont restées sur leurs positions.  Le Prophète a signé avec eux un traité qui a garanti à tous les chrétiens de cette ville le libre exercice de leur culte et une série de droits et de devoirs.  Dans ce traité, il était écrit :

La protection de Dieu et la garantie du Prophète, apôtre de Dieu s’étendent sur Najran et ses alentours, soit sur leurs biens, leurs personnes, la pratique de leur culte, leurs absents et présents,  leurs familles, leurs sanctuaires et tout ce qui, grand ou petit, se trouve en leur possession. Aucun évêque ne sera déplacé de son siège épiscopal ni aucun moine de son monastère, ni aucun prêtre de sa cure. Aucune humiliation ne pèsera sur eux ni le sang d’aucune vengeance. Ils ne seront ni rassemblés ni assujettis à la dîme. Aucune troupe ne foulera leur sol et lorsque l’un d’eux réclamera un dû, l’équité sera de mise parmi eux. Ils ne seront ni oppresseurs ni opprimés. Et quiconque d’entre eux pratiquera à l’avenir l’usure, sera mis hors de ma protection. Aucun homme parmi eux ne sera tenu responsable de la  faute d’un autre.[5]

Un fait important et très significatif s’est déroulé pendant ces réunions. Dans son livre qui fait autorité en la matière « La biographie du Prophète Mohammed », Ibn Ishâq raconte que durant les séances de négociation, le Prophète reçut les délégués chrétiens et les a autorisé à célébrer leurs messes dans l’enceinte de sa mosquée en s’orientant vers l’Orient en direction de Jérusalem. D’autres traditions racontent que la messe était célébrée à l’occasion de la fête des rameaux  et que les musulmans disaient leurs prières d’un côté de la mosquée, et les chrétiens de l’autre.

Troisième exemple : à partir des récits chrétiens relatifs à l’histoire des sept saints dormants et le récit Coranique sur les gens de la caverne.

L’histoire se déroule à l’époque des persécutions lancées par l’empereur romain Dèce, au milieu du IIIe siècle. Sept jeunes gens d’Éphèse: Maximilien, Marc, Martinien, Denis, Jean, Séraphin et Constantin refusent d’abjurer leur foi chrétienne et de se prosterner devant les idoles. Ils cèdent l’ensemble de leurs biens aux pauvres et partent se réfugier dans une grotte située sur le mont Célion, près du tombeau de sainte Madeleine. Ils y sont emmurés vivants et tombent alors dans un profond sommeil. Ils ne se réveillent que sous le règne de Théodose Ier (379-395), lorsque le propriétaire des terres descelle l’entrée de la grotte dans le but de la transformer en abri pour le bétail. Il y découvre alors les Sept Dormants. Ces derniers ont conservé la physionomie de leur jeunesse et imaginent n’avoir dormi qu’une nuit. En fait, leur « dormition » miraculeuse a duré près de 200 ans. L’un deux retourne à Éphèse pour y chercher de la nourriture et découvre avec stupeur la présence d’églises resplendissantes, ainsi que les visages étonnés des commerçants lorsqu’il leur présente ses pièces de monnaie à l’effigie de Dèce. Alerté par la nouvelle, l’évêque accompagné de l’empereur et de l’impératrice se rendent à la caverne pour constater le miracle. Après avoir raconté leur histoire à l’évêque, ils se rendorment aussitôt au sein de la caverne où ils sont inhumés.

Le récit coranique est proche de cette version. Cependant, dans le verset concerné, le nombre des dormants est connu de Dieu seul. Les chiffres 3, 5 et 7 évoquent leur nombre, mais aucun d’eux n’est retenu. Cependant, il est plusieurs fois fait mention d’un chien ayant accompagné les jeunes gens. Enfin, le Coran précise que ces jeunes seraient restés endormis près de 309 ans.

En 1953, le très célèbre Orientaliste et islamologue, Louis Massignon qualifié par le Pape Pie XI de « catholique musulman » a été ordonné prêtre dans l’Église grecque-melkite-catholique.  Lors de sa visite à la chapelle des Sept Saints Dormants Martyrs, à Vieux-Marché en Bretagne, il y célèbre une messe. C’est le jour du Pardon. Spontanément, il rapproche la tradition chrétienne des Sept Dormants Martyrs d’Éphèse, à qui est dédiée la chapelle, du récit qu’en fait le Coran. Massignon lance, ce jour-là, les bases d’une rencontre annuelle islamo-chrétienne. Le premier pèlerinage a lieu l’année suivante à la chapelle des Sept Saints Dormants Martyrs, à Vieux-Marché en Bretagne. Il se poursuit de nos jours le dernier dimanche du mois de juillet de chaque année.

Quatrième exemple : à partir du récit de l’Évangile selon Luc et du Coran sur l’annonciation de la Sainte Vierge.

Les deux textes sont presque identiques et parle de l’annonciation faite à la Sainte Vierge par l’Ange Gabriel. L’ange Gabriel, raconte l’Évangile de St Luc, fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puis que je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ’la femme stérile’. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Ces deux textes et bien d’autres qui évoque la Sainte Vierge m’ont inspiré depuis les années 1990. Je me suis intéressé au dialogue inter religieux plus particulièrement islamo-chrétien. Lorsque j’ai lancé timidement mes premières idées du dialogue inter-religieux, mon but était déjà clair : faire sortir le dialogue interreligieux de son impasse théorique vers un dialogue vivant. Quelques années plus tard j’ai lancé en France et au Maroc une idée qui annonçait déjà mon intention : rien du point de vue dogmatique n’empêche à ce qu’un musulman célèbre dans un rassemblement commun la mémoire d’une personne vénérée aussi bien dans l’Islam que dans le christianisme. Cette personne qui me venait  toujours à l’esprit n’était autre que la Sainte Vierge. Ainsi, lorsque j’ai quitté la France pour le Liban, j’ai rencontré un homme chrétien (Nagy Khoury) animé par un désir qu’il le hantait depuis un certain temps, rêvait d’un rassemblement où musulmans et chrétiens prient ensemble dans un lieu commun. Un jour il m’interrogeait comment faire pour aboutir à la réalisation d’un tel rêve, je lui ai répondu avant même de compléter sa phrase : ” il n’y a que la Sainte Vierge Marie qui peut nous réunir “. C’est ainsi que nait l’idée de la cérémonie commune de la fête de l’annonciation qui réunissait chaque année musulmans et chrétiens tous les 25 mars. Cette occasion est devenue en 2010 par notre demande et grâce à notre insistance fête nationale chômée au Liban, et non pas une fête religieuse.  Beaux nombres des pays se sont intéressés par cette idée. Depuis deux ans la Pologne et le Brésil ont décidé de suivre notre exemple. L’année prochaine l’événement de l’annonciation va être lancé à Lourdes en France.

Cinquième exemple : L’économie au  service de l’Homme, et la responsabilité des entreprises réunissent désormais d’hommes d’affaires musulmans et chrétiens.

C’est autour des interrogations profondes sur les systèmes sociaux et économiques gouvernant le monde, que musulmans et chrétiens de tout bord : religieux, intellectuels, hommes d’affaires et économistes se réunissent au Liban depuis cinq ans. L’idée au départ a germé dans l’esprit d’un chrétien franco libanais Raymond Sfeir membre de l’Uniapac qui regroupe 16000 dirigeants chrétiens dans 30 pays. Après quatre ans de travail, l’Uniapac a abouti à “un livre blanc, dialogue pour une terre habitable”. Après sa traduction en arabe il a été suivi par une autre réflexion sur la responsabilité sociale des entreprises. La nécessité d’associer les musulmans se faisait ressentir très tôt. Appelés à participer à cette réflexion, nous avons fondé au Liban la Rencontre islamo chrétienne des hommes d’affaires. Deux axes majeurs apparaissaient suite à nos réunions :

  1. La convergence des valeurs qui guident l’action dans les deux religions chrétiennes et musulmanes, comme à titre d’exemple : l’action prime sur la contemplation, l’argent est un outil et non un fin, la perfection dans le travail est une exigence divine, le droit des pauvres à solliciter ce qu’ils leur reviennent de droit sur les biens des riches…etc;
  2. Le vide spirituel de l’Occident accompagné par un bien-être et par des règlementations sociales de plus en plus protectrices protègent le corps et non pas l’âme de l’individu. Pour combler ce vide l’Orient par sa culture islamo-chrétienne devait jouer ce rôle. Les textes islamiques portant sur le travail et sur l’économie, ainsi que la pensée sociale de l’Église contiennent un trésor d’idées traçant les voies possibles d’une économie plus humaine au service de l’homme.

Dans le but de sensibiliser les responsables économiques et les dirigeants des entreprises, notre rencontre islamo-chrétienne a organisé à Beyrouth en 2011, avec L’EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens) un colloque autour du thème de la responsabilité sociale des entreprises. Soixante-dix chefs d’entreprise, chrétiens et musulmans, de 17 pays ont assisté à ce colloque. Le résultat encourageant du colloque nous a poussé à l’idée de la conférence de Beyrouth qui aura lieu la semaine prochaine les 25 et 26 mars et qui s’inscrit dans un cadre beaucoup plus important, « celui du rôle de l’économie, qui doit être au service de l’homme, et non conduire à son asservissement». Ce rôle de l’économie est  inspiré bien entendu par les valeurs communes de l’Islam et du christianisme.

Sixième exemple : l’enseignement islamo-chrétien à double voix à l’USJ.

Pour répondre aux conflits que traversait le Liban pendant sa guerre civile, L’Institut d’études islamo-chrétiennes, faisant partie de la Faculté des sciences religieuses de l’USJ, a été fondé en 1977. Son but est de créer une approche renouvelée de l’islam et du christianisme, à partir du partage de l’expérience croyante sans aucun parti pris apologétique afin de renforcer la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans et la reconnaissance de l’autre en tant qu’autre.

Les cours sont normalement donnés à deux voix, un chrétien et un musulman, chacun présentant sa propre tradition, devant un public mixte. L’Institut offre un éventail de cours, annuels ou semestriels, et de conférences dans lesquels professeurs ou conférenciers, musulmans et chrétiens croyants, rendent compte de la position de leur foi en traitant un thème ou un problème commun.

Son programme comporte également des séminaires d’études et de recherches sur des thèmes communs aux deux traditions religieuses, menant éventuellement à de publications.

L’Institut assure actuellement cinq sortes de formations :

– La licence en études islamo-chrétiennes en trois années

– Le Master en relations islamo-chrétiennes qui pourrait aboutir au doctorat (120 crédits),(en arabe et français). À partir de l’année universitaire 2011-2012, en plus de la branche en langue  arabe, un enseignement et formation en  langue française sont assurés, en partenariat avec  l’Université catholique de Lyon et l’Institut catholique  de la Méditerranée à Marseille.

– Le Diplôme universitaire en Spiritualité et mystique islamo-chrétiennes (30 crédits)

– Un Certificat en Doctrines musulmanes et chrétiennes (30 crédits)

– Un Certificat en Doctrines Morales musulmanes et chrétiennes (30 crédits)

– Un Certificat en Culture initiale islamo-chrétienne (16 crédits).

– Attestation en formation continue au dialogue islamo chrétien  (10 crédits):

 -Niveau I : Formation au dialogue islamo-chrétien), il est proposé durant un semestre à des enseignants de religion dans les écoles, et à des étudiants universitaires ou à des personnes de niveau universitaire intéressées par cette formation.

– Niveau II : Gestion de conflits interreligieux, il consiste à étudier les doctrines réciproques avec l’apprentissage de méthodes de résolution des conflits et des attitudes facilitant la communication et le respect mutuel (6 crédits).

Inspiré par cette éducation au dialogue un «Groupement Libanais d’Amitié et de Dialogue Islamo-Chrétien, GLADIC, fut fondé le 2 juin 2012. Ayant son siège à l’université St Joseph, son idée fondatrice est née de la conviction que le dialogue islamo-chrétien au Liban est capable d’instaurer la culture de l’unité dans la diversité, indispensable à la connaissance de l’autre, à développer les amitiés et à protéger le «vivre ensemble». Le Dialogue étant un devoir national, religieux et moral, il requiert la participation de tous. Des activités réunissent t chaque année des écoliers de toutes les confessions et les encouragent à  développer les amitiés entre eux.

Grace à ces exemples concrets et vivants, les relations entre les deux mondes musulmans et chrétiens sont en voie de normalisation. Loin de tout extrémisme, et des intérêts politiques, musulmans et chrétiens doivent s’investir davantage dans cette expérience très riche en matière de dialogue interreligieux et explorer d’autres voies nouvelles et concrètes. Le dialogue de la vie, à chaque fois mis en avant, prouve son efficacité et réduit sensiblement les tensions qui incitent à la haine et au rejet de l’autre. Cette culture ouverte et tolérante du dialogue interreligieux doit toucher la masse du peuple et non pas être réservée à  une élite de dialoguistes privés du sens de la réalité sur le terrain.

[1] – Le Dictionnaire Universel d’Antoine Furetière, SNL- Le Robert – Paris 1978, article «religion ».

[2] Voir « Nostra ætate », la déclaration du Concile Vatican Il sur les relations de l’Église avec les autres religions, année 1965.

[3]  Cette charte a été rédigée en l’an 1 de l’Hégire (622 apres.J.Ch).

[4] Il s’agit d’un Hadith authentique rapporté par Al Bouhari et Muslem.

[5] Voir Al Sirat Al Nabawiyya d’Ibn Hicham,

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