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L’enseignement de l’Islam face à la mort

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L’enseignement de l’Islam face à la mort

L’enseignement de l’Islam face à la mort

 

              Tout être vivant exprime son incompréhension et son désarroi face à la mort. L’homme depuis la préhistoire, s’est interrogé sur ce phénomène qui frappe la vie sur terre. Devant son impuissance il a fini par l’interpréter selon l’imagination collective du groupe ou selon les messages qui lui ont été transmis par les croyances religieuses. Dès lors qu’il a accompagné l’enterrement de ses morts  par des rites funéraires aussi bien complexes que variés.

Pour comprendre le phénomène de la mort,  une conception rationaliste l’imagine comme un néant, à l’image d’une lampe qui éclairait une pièce habitée, puis qui s’éteint, plongeant la pièce dans une obscurité totale. A l’opposé de cette conception, les religions révélées parlent de la mort comme une lumière qui jaillit après l’obscurité de la vie.  C’est une étape vers une vie future éternelle qui n’est pas limitée ni dans le temps ni dans l’espace. Ces religions ont aussi exprimé un point de vue presque identique sur la mort et sur la vie dans l’au-delà. Ce point de vue comporte des croyances sur l’âme après sa séparation du corps, sa demeure avant le jour de la résurrection, son rétribution et condamnation le jour de jugement dernier, et sa demeure éternel dans le paradis ou dans l’enfer. Aussi bien le judaïsme, que le christianisme et l’islam, ont développé leurs propres rites de funérailles et les conduites à observer durant les jours de deuils.

Toutes ces idées nous amène à s’interroger sur la conception islamique de la mort. Pour comprendre cette conception nous allons nous référer essentiellement au Coran qui cite cent quarante-cinq fois les mots portant sur la mort et ses synonymes. Vient ensuite les recueils des paroles du Prophète « Al Hadith » qui contiennent des références très importantes à ce sujet. Les œuvres des jurisconsultes et théologiens musulmans complètent cette vision dans la mesure où elles se basent sur les deux sources précédentes.

Au cours de l’existence globale de l’homme, l’Islam parle de quatre étapes qui seront traversées par lui au cours de sa vie terrestre et après sa mort. Les trois premières étapes peuvent être mesurées dans le temps et dans l’espace contrairement à la dernière qui s’échappe à toute mesure concevable et calculable par l’homme :

  1. La première étape correspond à la vie fœtale pendant laquelle l’être humain est un fœtus dans le monde utérin ;
  2. La deuxième étape est la vie terrestre dans laquelle l’homme évolue sans connaitre sa durée, ou ses conditions de santé ou de maladie du bonheur ou du malheur..etc ;
  3. La troisième étape qui intervient à la mort de la personne est la vie d’outre-tombe qui se prolonge jusqu’au jour de la résurrection;
  4. La quatrième et dernière étape est la vie éternelle dans l’au-delà.

Ce qui nous intéresse ici est la troisième étape : celle qui évoque l’approche et la préparation à la mort de la personne, qui se concrétise par la séparation de l’âme de son corps, et qui se termine par l’enterrement du corps, lequel sera suivi par des rites de funérailles et par l’observance des jours de deuils.

La préparation de l’homme face à la mort :

Selon l’Islam la préparation à la mort ne commence pas avec la dernière maladie mais pendant la pleine santé de la personne. A partir de l’âge de discernement le musulman doit faire connaissance avec la mort et se familiariser avec l’idée que la vie n’est qu’un passage vers l’au-delà. Il doit comprendre que penser à la mort et agir en conséquence est à la fois la clé de la réussite de la vie d’ici-bas, et l’accès en paix et en bonheur à la vie éternelle. Une des paroles du Prophète souligne que « Le plus lucide est celui qui se remet en cause et qui œuvre pour ce qui vient après la mort. » Dans une autre parole il dit : « Multipliez le rappel de celle qui annihile les plaisirs [la mort]. », dans le sens que seul le rappel de la mort peut modérer et rééquilibrer l’avidité de l’homme qui cherche à profiter frénétiquement et égoïstement des biens et des réjouissances de ce bas monde. Mais cette réflexion ne doit pas faire fi à la jouissance équilibrée du plaisir, le Coran dit : « Parmi ce que Dieu t’a accordé, recherche la demeure dernière, sans oublier la part qui t’est donnée en ce monde, Sois bon comme Dieu est bon pour toi. Ne sème pas le désordre sur la terre. Dieu n’aime pas les fauteurs de désordre !»  et « Qui donc a déclaré illicites les parures que Dieu a produites pour Ses serviteurs, et les bonnes nourritures qu’Il a dispensées ? ” Dis : ” Ces choses sont destinées aux croyants : ils en ont la jouissance durant la vie de ce monde et l’apanage au Jour de la Résurrection ».

Pendant son jeune âge, le musulman apprend à ne pas craindre la mort, il doit aussi et surtout s’y préparer. La mort doit être conçu par lui comme synonyme d’une rencontre avec Dieu : « Qui aime la rencontre de Dieu, Dieu aime sa rencontre, et qui déteste la rencontre de Dieu, Dieu déteste sa rencontre » déclare le Prophète. Dans ce contexte ceux qui sacrifieront leurs vies pour défendre une cause juste pour protéger la vie de leurs familles, de leurs biens, de leurs religions et de leurs patries ne seront point considérés comme des morts mais comme des véritables vivants. Le Coran accorde une place privilégiée à ces martyrs et les considère comme vivants auprès de leurs Seigneur. Le Coran cite : « Ne croyez pas que ceux qui ont succombé en combattant dans le sentier de Dieu soient morts : ils vivent près de Dieu et reçoivent de lui leur substance ». Dès lors que leurs cérémonies mortuaires diffèrent de celles qui sont pratiquées lors des décès des personnes mortes d’une mort naturel ou suite à une maladie.  

La douleur et l’obligation de se soigner : 

La souffrance lors de la maladie, contrairement à l’idée répondue, n’est pas une punition mais une épreuve de Dieu. Le malade même à l’article de la mort, ne doit pas refuser de se soigner et de faire appel aux médecins, tout en se remettant à Dieu pour sa guérison. La souffrance tout comme la douleur ne sont pas sublimées, et doivent être soulagées. Ce point de vue est confirmé par l’avis de la majorité des jurisconsultes musulmans qui s’appuient sur le verset coranique suivant : « Ne vous précipitez pas de vos propres mains dans l’abime». Se soigner n’est donc pas laissé à la volonté du malade ou à celle de ses parents. Plusieurs paroles du Prophète soulignent cette obligation. Une de ces paroles mentionne que toute maladie a son antidote sauf la vieillesse.  Une autre parole raconte la discussion d’un bédouin avec le Prophète qui vient le voir pour lui demander si les gens peuvent prendre des soins, le Prophète rétorque : « Oui, soignez-vous, car Dieu n’a pas amené de maladie sans avoir suscité son remède ».  Dans le cas où la maladie est incurable les soins sont considérés comme tout simplement licites qui peuvent être poursuivis ou abandonnés selon la volonté du malade ou de ses parents.

La visite des malades :

L’Islam accorde une place importante à la visite des malades qui devient un devoir pour les proches parents et fortement recommandée pour les autres membres de la communauté. Lors de cette visite il est recommandé de faire entendre aux agonisants des mots doux qui soulagent leurs souffrances et les encouragent à supporter le poids de leurs maladies. Dans un texte tiré du hadith « qodsi » proche de ce qui a été écrit dans l’Evangile de Mathieu, dit :

« Dieu Tout Puissant dira le Jour de la Résurrection : O fils d’Adam, Je suis tombé malade et tu ne M’as pas rendu visite. L’homme dira : O Seigneur, comment puis-je Te rendre visite quand Tu es le Seigneur du mondes? Dieu dira : Ne savais-tu pas que Mon adorateur un tel était tombé malade, et tu ne l’as pas visité ? Ne savais-tu pas que si tu l’avais visité, tu M’aurais trouvé avec lui?

Les derniers actes :

A l’approche de la dernière maladie, un certain nombre de devoirs doit être accompli par le mourant avec l’aide de son entourage. Le mourant doit mentionner Dieu le plus possible, se repentir et se préparer à quitter ce monde dans une atmosphère calme, serein et loin des cris et des pleurs. La récitation devant lui des versets coraniques ou des chants religieux doux, dans la mesure où celle-ci ne le laisse pas sous-entendre qu’il est mourant peut l’aider à se tranquilliser et à supporter la souffrance de la mort. Les membres de sa famille et le personnel soignant doivent s’armer de patience et contribuer à lui apporter une aide précieuse pour les derniers jours de sa vie.

L’accomplissement des cinq prières quotidiennes dans la mesure de possible et si le mourant est conscient doivent être observé par lui. Les gestes de prières selon son état physique et mental peuvent s’adapter à ses mouvements. Un simple mouvement des yeux sans prosternation, accompagné par la récitation des versets coraniques remplace les mouvements des prières rituelles. Le musulman qui sent l’approchement de sa mort répète très souvent les deux témoignages de l’Islam : « Il n’y a Dieu que Dieu et Mohamed est son Envoyé et Messager » il pointe son doigt en haut pour signaler et confirmer ce témoignage.  Dans le cas où le mourant  ne peut pas la formuler, un proche le fera à sa place. Mais en aucun cas il faut insister pour que l’agonisant effectue la profession de foi à vif voix, puisque le but est de la répéter devant lui pour l’aider à la reprendre dans son cœur.

Il est aussi recommandé que le mourant laisse un testament. Une parole du Prophète conseillait à le faire : « Que personne de vous ne dorme avant d’avoir laissé son testament près de sa tête ! ». Dans son testament il peut évoquer comment il souhaite distribuer ses biens en dehors de la succession, comment il envisage le déroulement de ses obsèques : ne pas crier ou manifester des émotions démesurées, éviter toutes les dépenses inutiles, nommer la personne qui procède à son lavement, mettre son corps sur le côté droit tourné vers la Mecque, exhorter ses proches à ne pas être trompés par la vie d’ici-bas. »

L’agonie est considérée en Islam comme le dernier délai pour que la repentance soit acceptée et que les bonnes actions soient validées. Comme il est mentionné dans le Coran : « Mais une fois  l’âme arrive aux clavicules et qu’on dira : « Qui peut le guérir par quelle  incantation ? » quand ’il est  convaincu que l’heure de la séparation (la mort) a sonné et que la jambe s’enlace à l’autre a jambe, c’est vers ton Seigneur, ce jour-là que tu seras conduit, il n’avait ni cru en Dieu, ni accompli la prière; il a tout qualifié de mensonge et a tourné le dos à Son Seigneur». Dans un Hadith le Prophète dit, « Dieu accepte le repentir de Son serviteur jusqu’ à ce que l’âme arrive aux clavicules).

L’âme se sépare du corps :

  A l’instant même où l’âme se dépouille du corps, des anges lui apparaissent pour lui annoncer la bonne ou la mauvaise nouvelle sur son lieu de destination. Le Coran décrit cet état : « Ceux qui disent : ” Notre Seigneur est Dieu ! “, et qui se tiennent dans le droit chemin, les anges descendent sur eux. ” N’ayez pas peur et ne soyez point affligés, mais recevez la bonne nouvelle du paradis qui vous était promis. Nous sommes vos Protecteurs dans la vie présente et dans l’au-delà, et vous y aurez ce que vos âmes désiraient et ce que vous réclamerez. » Dans un autre verset le Coran dit : « O âme apaisée ! Retourne vers ton Seigneur, agréante et agréée ; entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis »

A l’inverse de l’âme apaisée, l’âme égarée au moment de son agonie, reçoit la mauvaise nouvelle et réclame un sursis de vie afin d’emprunter le droit chemin, Le coran dit : « Puis lorsque la mort se présente à l’un d’eux, il dit : ” Fais-moi revenir afin que je fasse du bien dans ce que j’ai délaissé. ” Non, c’est seulement une parole qu’il prononce ! Derrière eux il y a cependant une barrière jusqu’au jour où ils seront ressuscités. »

Les âmes après la séparation de leurs corps peuvent rencontrer et dialoguer avec les âmes des personnes vivantes pendant leurs sommeils. Les commentaires du Coran s’appuient sur le verset coranique suivant : « Dieu reçoit les âmes au moment de leur mort ; Il reçoit aussi, dans leur sommeil, celles qui ne sont pas mortes. Il retient celles dont il a décrété la mort et Il renvoie les autres jusqu’à un terme fixé. Il y a vraiment là des signes pour ceux qui méditent ». Un autre texte précise que les gens se réveilleront après leurs morts : « les gens sont comme endormis c’est lorsqu’ils meurent qu’ils se réveillent »

              La toilette rituelle :

Après le décès, le corps du défunt doit être purifié sans délai afin de permettre un prompt ensevelissement. La toilette rituelle qui doit être accomplie par un musulman mâle ou femelle selon le sexe du défunt, est une obligation religieuse. Lors du dernier lavage on met sur le corps du défunt du camphre, qui sert à embaumer le mort et à éloigner les insectes vu son odeur caractéristique. Certains jurisconsultes indiquent l’obligation de tailler la moustache du mort, de couper ses ongles, sans peigner ses cheveux, puis de l’essuyer avec un tissu. Il est préférable d’envelopper l’homme dans trois pièces de tissu blanc. Ils sont parfumés puis rangés l’un sur l’autre et entre eux l’aromate, puis on l’enveloppe en passant le bout du tissu sur son côté droit et l’autre bout en dessus ; il en est de même pour le deuxième et le troisième tissu, en laissant une partie considérable pour être nouée au niveau de sa tête. La femme, est enveloppée dans cinq tissus : une chemise, un voile, un pagne et deux grands draps, mais il faut obligatoirement un tissu couvrant tout le corps du mort.

            La prière mortuaire

La prière mortuaire implique la communauté dans son ensemble dans le sens que si un nombre suffisant d’individus s’en chargent, les autres en sont exemptés. C’est une prière spéciale qui ne s’exécute ni par génuflexions ni par prosternation.  Le corps du défunt doit être orienté en direction de la Mecque.  L’imam ou la personne la plus proche du défunt qui dirige la prière se positionne au niveau de la tête du défunt et à la hauteur du milieu de son corps. Après la première récitation de takbîr, on récite le verset coranique du Fâtiha puis des invocations sur le Prophète et qui se termine par une  invocation à l’intention du défunt et pour l’ensemble des musulmans avant de clôturer la prière par le taslim. Si le défunt est un suicidé, les avis des jurisconsultes sont partagés. Le Prophète lui-même a refusé d’accomplir la prière des morts sur la dépouille d’un suicidé, mais il a demandé aux autres compagnons de prier sur lui. Il a expliqué la raison de ce refus en ces termes : « Je ne prierai pas sur sa dépouille, afin que les musulmans ne se suicident pas ». L’avis de la majorité des jurisconsultes admet des telles prières sur les suicidés.

Après la prière, l’enterrement doit être exécuté rapidement. Une parole du Prophète indiquait les faits suivants: « Lorsque la personne meurt et que les hommes l’emmènent sur leurs épaules, si elle était croyante elle dirait : “Enterrez-moi vite ! ” ; si elle était égarée, elle dirait : ” Malheur à moi ! où m’emmenez-vous ? “. Tout le monde l’entend sauf l’humain : s’il pouvait l’entendre, il serait anéanti ! » Il enseignait également : « Trois choses — la famille, l’argent et les œuvres — suivent le mort, mais deux reviennent et une reste auprès du mort : la famille et l’argent rebroussent chemin, et les œuvres l’accompagnent. »

Lors du transport du défunt vers le cimetière les  musulmans doivent témoigner le respect total devant les funérailles sans aucune distinction de son rang sociale ou de son appartenance religieuse. Un hadit raconte que le Prophète s’est arrêté devant les funérailles d’un juif avec modestie et respect, ses compagnons lui ont dit mais il s’agit des funérailles d’un juif, le Prophète a répondu il s’agit plutôt de l’âme d’un être humain. »

              La mise dans la tombe :

Au moment du transporte du corps vers le cimetière, les assistants récitent la shahada sans cesse : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son prophète ». La civière est déposée près de la tombe. A défaut d’un des parents du défunt une personne descend dans la tombe et place le défunt sur le côté droit, visage tourné vers la Mecque. De manière assez générale, l’inhumation se fait en pleine terre à une profondeur minimale de 1,5m. Une dalle est ensuite placée juste au-dessus du corps et l’on remplit ensuite la partie supérieure de la fosse de terre, et on marque le tombeau par une simple pierre sur laquelle on note le nom du défunt. Pour éviter tout risque d’idolâtrie, aucunes pierres tombales coûteuses et sophistiquées, monuments funéraires, mausolées et statues ne sont pas autorisées en Islam. Il est à noter que l’islam interdit l’incinération et  la thanatopraxie. La présence des femmes n’est pas non plus tolérée.

La période de deuil à observer est de trois jours, au-delà de cette période il sera interdit de le poursuivre sauf de l’avis de quelques jurisconsultes pour qui il n’y a pas de période déterminée pour la présentation des condoléances et qu’elle n’est pas déconseillée après l’expiration des trois jours de deuil.

L’enseignement de l’Islam face à la mort s’inscrit donc dans le cadre des trois religions abrahamiques pour qui la vie n’est qu’une étape vers la vie éternelle dans l’au-delà. La crainte du jugement dernier, dans la mesure où chaque homme et femme seront rétribués selon leurs actes dans la vie d’ici-bas, est compensée par la confiance que chaque croyant doit espérer dans la miséricorde divine. Le Coran dit à ce sujet : « Gloire à Celui Qui détient la Royauté : Il est Omnipotent. Celui Qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver pour voir qui parmi vous accomplira les meilleures œuvres. C’est Lui le Puissant, le Pardonneur».

  Si le Coran et les paroles du Prophète sont très riches en images pour décrire  la vie après la mort, les traditions non authentiques sont submergées par des histoires imaginées sur ce sujet. Elles racontent par des détails surprenant et avec imagination époustouflante  l’agonie des mourants, leurs souffrances au moment de la sortie de leurs âmes du corps, sur le déroulement du jugement dernier, et les endurances de l’enfer ou les joies sensuelles du paradis.

L’homme tel qu’il est conçu par Dieu, qu’il vive dans ce monde terrestre, ou dans les entrailles de la terre dans la vie d’outre-tombe, est constitué de deux dimensions ; Corps et esprit. Dans notre monde terrestre, l’esprit est prisonnier de son enveloppe charnelle et ne peut se mouvoir que dans la limite de la mobilité du corps. Dans la vie d’outre-tombe, la situation s’inverse. L’esprit se détache du corps  et s’affranchit de la prison où il était retenu tout au long de sa vie terrestre. L’esprit apparait alors comme soleil rayonnant en plein jour : il est détaché de la terre dans son essence, mais il lui est lié par ses rayons. De même, l’esprit du défunt est détaché de son corps dans son essence, mais il reste lié à lui quel que soit son emplacement et malgré la dispersion de son rayonnement. Qu’il soit attaché ou détaché du corps, l’esprit appartient au mystère divin, nul ne peut comprendre son entité et ses dimensions  que Dieu, le Coran est déterminant à ce sujet : « On t’interroge sur l’Esprit. Dis : “L’Esprit est de l’ordre de Dieu et il ne vous a été donné de science qu’une partie infime ».

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